« Le pouvoir des mots est la source de tout conflit et la raison de tout apaisement… il peut légiférer sur des actes criminels et défendre profondément nos droits, rendre justice aux opprimés et établir une paix réelle. »

Les chercheurs

Ahmed ALUSTATH

Université de Franche Comté
Linguistique

Quand les mots sont plus puissants que les armes !

Ahmed ALUSTATH est chercheur en Sciences du langage et analyse du discours à l’université Bourgogne Franche-Comté. Son travail de recherche au soin du laboratoire ELLIADD consiste à analyser le discours institutionnel de l’Organisation des Nations Unies sur la question palestinienne depuis 1945. Pour l’étude d’un tel corpus multilingue et multigenre, il établit des données textuelles conformément au langage XML.TEI. Il recourt ensuite aux méthodes d’exploration textométrique et aux outils d’analyse statistique des données textuelles.

En raison du contexte politique des années 2000-2010, comme toute la jeunesse palestinienne, Ahmed a eu une conscience politique précoce, alimentée par des événements et des actions qui ont rythmé sa vie quotidienne. Cette conscience l’a amené à s’interroger sur le statut international et le rôle important de l’ONU dans le monde, plus particulièrement dans la résolution du conflit israélo-palestinien. Passionné par le pouvoir des mots et bien conscient de l’articulation entre le discours et les actions politiques, il envisage dans cette thèse d’analyser toutes les résolutions et discours de différents organes de l’ONU autour de la question palestinienne depuis 1945 dans trois langues : français, anglais et arabe. Le corpus permet d’analyser le discours institutionnel, sa réalisation en plusieurs genres et son évolution diachronique. Il mettra également en lumière, par le biais d’une analyse lexicale, sémantique et argumentative des discours, plusieurs aspects du conflit israélo-palestinien tels que les modalités de présentation des faits politiques, les arguments avancés par les différents acteurs impliqués et leurs rapports de force. Sur le plan méthodologique, il envisage d’analyser le corpus en deux temps : il se concentrera d’abord, sur le volet français, en partitionnant les discours par ordre chronologique, puis sur le volet multilingue, aligné par paragraphe et thématique, pour étudier et comparer les discours de l’ONU dans les trois langues.

 

Objectifs

  • Relever des paradigmes d’ambigüités dans les résolutions et les discours de l’ONU liés à la dénomination, la désignation et la traduction.
  • Sur le plan technique et technologique, la constitution d’un corpus offrira une première lecture multilingue numérique, lemmatisée et informatisée des discours de l’ONU relatifs à la question israélo-palestinienne.
  • Le corpus permettra la mise en place d’une archive de plus d’un millier de documents et contribuera à l’établissement d’un observatoire sur l’histoire du conflit et l’action politique internationale.
  • Sur le plan personnel et professionnel, ce travail de thèse permettra d’intégrer les chantiers déjà existants en linguistique de corpus et en textométrie, et de rejoindre les projets collectifs autour de la constitution de grands corpus.