« Les idées mises en œuvre dans les entreprises aujourd’hui ne sont pas si nouvelles que nous pourrions le penser. »

Les chercheurs

Aurélie BERNET-PEREIRA

Université de Franche Comté
Histoire et Lettres

Bonheur et bien-être au travail

Aurélie BERNET-PEREIRA est chercheuse rattachée au Centre Lucien Febvre. Ses sujets d’étude concernent aussi bien l’histoire économique que l’histoire sociale ou encore l’histoire des entreprises. Travaillant sur les œuvres sociales dans les entreprises du Jura entre 1842 et 1982, elle réalise la plupart de ses recherches à l’extérieur de l’université, ses sources se trouvant dans des centres d’archives départementales ou municipales mais aussi directement au sein des entreprises. Lorsque les archives écrites n’existent pas ou plus, elle fait appel à la mémoire des acteurs en réalisant des interviews. 

A la croisée de différentes branches de l’histoire et faisant appel à d’autres disciplines telles que les sciences de gestion, la géographie ou encore la sociologie. Cette thèse propose l’analyse des pratiques sociales dans les entreprises jurassiennes à travers leur évolution sur près de 140 ans. Cette mise en perspective permet l’étude des œuvres sociales dans différents contextes historiques, ainsi que l’observation du cycle de vie des prestations. L’échelle départementale permet d’établir des comparaisons entre plusieurs entreprises d’une même zone économique mais aussi entre différents bassins d’emplois. L’aspect novateur de cette recherche apparaît dans ces deux caractéristiques car jusqu’à présent les œuvres sociales étaient plutôt étudiées dans des monographies d’entreprises. Le questionnement principal s’articule autour de la question de la motivation du patronat quant à la mise en place des œuvres sociales et l’existence de réseaux économiques, sociaux ou religieux. Il s’agit également de s’interroger sur la persistance de ces œuvres souvent coûteuses et de leur reprise par le comité d’entreprise à compter de l’après-guerre  puisqu’à partir de 1945, la loi transfère au CE l’entière gestion des œuvres, le financement restant assuré par l’entreprise. A ce « passage de relais », il  faut étudier une possible modification de la nature de ces œuvres. Pour mener à bien cette thèse, les archives des entreprises sont essentielles mais il faut compter aussi sur celles de l’inspection du travail ou encore sur les enquêtes industrielles.

Objectifs

  • Comparer les œuvres sociales à l’échelle d’un département, toutes entreprises confondues.
  • Mettre en évidence la circulation d’idées et/ou de modèles.
  • Comprendre les motivations des patrons instaurant et finançant les œuvres sociales.
  • Analyser les actions des comités d’entreprise dans le domaine social et culturel.