« J’ai toujours pensé que l’enfant qui maîtrise deux langues réussit mieux à l’école que son camarade qui ne parle qu’une seule langue. »

Les chercheurs

Mamadou Diop

CCSTI 'Science Action Normandie'
Linguistique

Comment apprend-on en deux langues à l'école ?

Mamadou DIOP est jeune chercheur en linguistique au laboratoire de langues DySoLa* de l’Université de Rouen.

* Dynamiques Sociales et Langagières

Il s’intéresse au bilinguisme scolaire (le fait de parler deux langues à l’école) pratiqué à titre expérimental au Sénégal. Des études ont montré que le niveau scolaire des élèves baissait dans ce pays. Mamadou pense que cela a un rapport avec les langues parlées à l’école. D’après lui il faudrait utiliser la langue parlée dans la famille pour améliorer les résultats des élèves. C’est ce qu’il essaie de démontrer dans sa recherche.

Au Sénégal, on parle plus de 25 langues différentes. Les six principales sont le wolof, le pulaar, le sérère, le diola, le mandinka et le soninké. Seulement, le français reste la seule langue avec laquelle on enseigne les connaissances aux enfants à l’école. Or il est très rare de voir les enfants s’adresser en français à leurs camarades ou leurs familles. Résultat : ils ont du mal à bien comprendre les messages donnés en classe où seul le français est parlé.

Mamadou veut montrer que le bilinguisme (le fait de parler deux langues) est un atout et non un obstacle à la maîtrise des connaissances scolaires. Il étudie plus précisément le cas du pulaar, une langue parlée dans de nombreuses régions du Sénégal mais aussi dans les pays frontaliers.

Pour comprendre les relations entre le français et le pulaar à l’école, Mamadou a fait passer des questionnaires aux élèves et aux enseignants. L’essentiel des questions posées portait sur la façon dont étaient perçues les deux langues par les enfants et les professeurs. Ensuite, Mamadou a cherché à comprendre dans quel sens se faisait le transfert des savoirs scolaires : du pulaar vers le français ou dans les deux sens ? Et comment tout ceci était lié avec les résultats des enfants à l’école.

Les recherches de Mamadou montrent qu’il est bénéfique de faire cohabiter à l’école la langue de l’enfant et le français. Et plus spécifiquement, il est préférable de commencer à apprendre à l’enfant les notions dans sa langue maternelle avant de le faire en français.

Objectifs
  • Lutter contre le faible niveau des élèves en français dans les premières années de scolarité
  • Améliorer les modes de transmission du français dans les pays d’Afrique noire francophone