« Ce que j’aime dans mon métier, c’est que l’on ne s’ennuie jamais ! Il y a toujours des rebondissements même là où on ne les attend pas… »

Les chercheurs

Lauriane Bonnet

Aix - Marseille université
Biologie

Vitamine D et obésité

Je suis jeune chercheuse de l’université d’Aix-Marseille, en nutrition, au sein du laboratoire NORT*.

* Nutrition, Obésité et Risque Thrombotique

Les chercheurs de ce laboratoire étudient le rôle de la nutrition dans l’obésité, et plus particulièrement le rôle des micronutriments comme les vitamines. L’équipe dans laquelle je travaille s’intéresse au rôle des vitamines dans le tissu adipeux, l’endroit où est stockée la graisse de notre corps.D’autres chercheurs ont déjà observé que les personnes obèses sont toutes en insuffisance d’une des formes de la vitamine D. Dans mon projet de recherche, j’essaye donc de mieux comprendre la relation entre vitamine D et obésité.

L’obésité est une maladie très répandue de nos jours puisqu’on estime que plus de 13% la population adulte mondiale en est atteinte. Elle est définie par une accumulation anormale de graisse qui nuit à la santé.

On a découvert il y a quelques années que toutes les personnes obèses sont en carence de 25(OH)D, la forme circulante dans le sang de la vitamine D. Cette vitamine est fabriquée par l’action des rayons du soleil sur notre peau et on la retrouve dans certains poissons gras que l’on consomme. Plusieurs hypothèses ont été émises par d’autres chercheurs pour comprendre ce phénomène mais aucune n’a permis d’établir si cette insuffisance était une cause ou une conséquence de l’obésité. C’est ce que j’essaye de comprendre.

J’ai d’abord étudié en profondeur le métabolisme de la vitamine D, c’est à dire le mécanisme qui permet de transformer la vitamine D pure en 25(OH)D, puis en 1,25(OH)D, la forme active de la vitamine D. Ensuite, j’ai regardé l’impact d’une alimentation riche en graisse ou riche en vitamine D sur ce métabolisme. Pour cela, j’ai travaillé avec des souris que j’ai nourries avec soit une alimentation normale soit une alimentation riche en graisse ou en vitamine D. Et les résultats sont très surprenants : au bout de quelques jours seulement, on observe des différences importantes sur ce métabolisme chez les souris !

Mes recherches vont se poursuivre en répétant l’expérience sur une plus longue durée mais également chez l’Homme où je mesurerai la quantité de vitamine D dans le tissu adipeux de patients obèses et non-obèses. Une meilleure compréhension de ce lien entre vitamine D et obésité permettra d’améliorer la prévention et le traitement de l’obésité.

Objectifs
  • Comprendre si l’insuffisance en vitamine D est une cause ou une conséquence de l’obésité
  • Améliorer la prévention et le traitement de l’obésité