« La relation fraternelle est la plus longue que nous entretenons dans notre vie, je me mobilise pour qu’elle soit de qualité malgré les aléas de la vie. »

Les chercheurs

Léa Plessis

Aix - Marseille université
Psychologie

La fratrie face à la schizophrénie

Je suis jeune chercheuse de l’université d’Aix-Marseille, en psychologie, au sein du LPCLS*. Les chercheurs de ce laboratoire s’intéressent à l’être humain et plus précisément à sa manière de vivre diverses situations de la vie. Mes recherches portent sur les frères et sœurs de personnes souffrant de schizophrénie. La schizophrénie se manifeste par des symptômes dits « positifs » et « négatifs ». Les symptômes positifs font référence aux hallucinations et aux délires. Les symptômes négatifs sont ses troubles cognitifs : pauvreté des affects et du discours, perte d’énergie et de motivation.
* Laboratoire de psychologie clinique, langage et subjectivité

Il existe de nombreuses maladies de l’esprit mais la schizophrénie est celle qui affecte le plus l’entourage du malade dans sa vie quotidienne. C’est une maladie qui touche 600 000 personnes en France et qui se déclare entre 15 et 25 ans. Quand les frères et sœurs sont proches en âge, la maladie vient modifier leur relation fraternelle. Pourtant, cette relation est très importante dans la formation de l’identité et de la personnalité. Je cherche à comprendre comment des personnes vivent avec un frère ou une sœur qui souffre de schizophrénie.

Je vais rencontrer ces frères et ces sœurs pour parler de cette situation mais aussi pour parler de leur vie quotidienne. Je vais également leur proposer de répondre à des questionnaires pour évaluer certaines variables psychologiques comme leurs émotions, leur niveau de stress et leurs capacités à surmonter cette situation.

On est frère ou sœur toute une vie, c’est la relation la plus longue de l’existence. Mais les frères et sœurs jeunes ne vivent pas la situation de la même manière que les frères et sœurs plus âgés. Quelles sont les différences entre les jeunes (10-30 ans) et les plus âgés (50 ans et plus) ?

Pour répondre à cette question, je vais comparer les résultats obtenus aux questionnaires et mettre en lumière ces différences. Mais je ne vais pas m’arrêter là parce que ma recherche est centrée sur l’action. Je vais donc tenter de créer un programme de soutien pour ces fratries pour mieux vivre cette situation. Ensuite, j’évaluerai l’efficacité du programme que j’aurai proposé aux fratries pour en percevoir les bénéfices et les modifications à mettre en œuvre. 

 

Fiche publiée en 2016.

 

Objectifs
  • Proposer un soutien adapté aux frères et aux sœurs de patients souffrant de schizophrénie, notamment en fonction de l’âge des fratries et l’évaluer
  • Faire connaître les fratries de personnes souffrant de schizophrénie, population encore négligée par la recherche scientifique
  • Faire prendre en considération les fratries au sein des institutions psychiatriques en France