Étudier la vie sociale et les contacts des peuples qui nous ont précédés grâce aux vestiges du passé, voilà ce qui fait de l’archéologie une science… humaine !

Les chercheurs

Luca Banchetti

Aix - Marseille université
Archéologie

Entre Gaulois, Grecs et Romains : le métal arlésien

Je suis jeune chercheur d’Aix-Marseille Université en archéologie, au sein du CCJ*. Ce laboratoire est spécialisé en archéologie antique méditerranéenne. Je travaille sur les objets métalliques (armes, bijoux, monnaies...) découverts à Arles et conservés au Musée départemental Arles Antique. Ces objets, appelés mobilier en archéologie, me permettent d’étudier les contacts entre Gaulois, Grecs et Romains, entre le VIIIe s. av. J.-C. et le Ier s. ap. J.-C. Le métal constitue pour ces sociétés un moteur technologique et économique primordial : on le trouve à chaque étape de la vie quotidienne. Chaque objet porte une valeur, économique ou culturelle. C’est grâce à ces objets et à leurs valeurs que je vais tenter de retracer les contacts qui ont eu lieu entre les peuples de l’Antiquité.

L’objet principal de ma recherche est celui des échanges et des contacts interculturels. Dans cette perspective, la ville d’Arles et son territoire constituent un cas d’étude exemplaire. Arles est un véritable carrefour des civilisations : assise sur le Rhône, elle relie la Méditerranée et l’Europe continentale. La ville a eu plusieurs statuts sur la période que j’étudie : d’abord gaulois au VIe s. av. J.-C., puis grec, avant de devenir un site mêlant ces deux peuples au IVe s. av. J.-C. et enfin colonie romaine en 46 av. J.-C.

Pour comprendre les relations entre ces peuples arlésiens, j’utilise le mobilier métallique, marqué par la diversité des techniques et des usages. Chaque matière (bronze, fer, argent, etc.) apporte son lot de questions, tout comme les catégories de mobilier retrouvées. Lesquelles sont précieuses, lesquelles sont communes ? Cela change-t-il au cours du temps ou en fonction des sociétés ? Outils, armes, parures sont autant de témoins culturels, sociaux ou technologiques qui peuvent se transmettre et/ou circuler. C’est en questionnant ces objets que je peux me rendre compte de leurs usages et de qui les utilisait.

Pour formuler des hypothèses sur les contacts culturels et sur la place du métal dans les sociétés, je dois restituer l’ambiance chronologique, spatiale et culturelle des objets et des sociétés que j’étudie. Pour cela, j’analyse minutieusement le mobilier métallique d’Arles en le dessinant, le photographiant, le mesurant et le comptant. Ensuite, je complète mon analyse en y associant la nature des sites archéologiques auxquels ils appartiennent (funéraires, domestiques…) et l’ensemble des autres objets qui y ont été découverts. Enfin, je fais de nombreuses lectures en sciences humaines, notamment en ethnologie, qui me permettent d’enrichir mes hypothèses et d’envisager des choses auxquelles les archéologues ne pensent pas toujours !

* Centre Camille Jullian

Objectifs
  • Étudier le mobilier métallique inédit des collections du Musée Départemental Arles Antique
  • Réfléchir sur la place des métaux dans les sociétés anciennes sur un site situé à un carrefour culturel