« Ce qui est fascinant en archéologie c’est que tous les éléments que l’on découvre en fouillant nous permettent de reconstituer le quotidien des sociétés du passé. La recherche d’une préhistorienne comme moi, c’est de refaire un puzzle à partir de tous ces indices, et c’est ce qui me passionne! »

Les chercheurs

Lucile PILLOT

Bourgogne
Archéologie et Histoire

Les architectures funéraires au Néolithique

Lucile PILLOT est jeune chercheuse en archéologie au laboratoire ARTeHiS* de l’Université de Bourgogne. L’équipe dont elle fait partie** s’intéresse aux sociétés humaines préhistoriques et à leur organisation sociale, économique et culturelle. Les pratiques funéraires de ces sociétés constituent un sujet d’étude particulièrement important dans la recherche archéologique, car elles reflètent leurs manières de concevoir la mort, mais aussi la place des individus dans la société... Lucile s’intéresse à l’architecture de monuments funéraires datées de 4500 ans av JC, dont quelques traces ont été retrouvées lors de fouilles archéologiques dans le Bassin Parisien. Les données récoltées grâce à ces fouilles archéologiques anciennes, peuvent lui permettre de reconstituer ces structures monumentales et donc de savoir à quoi cela pouvait ressembler il y a plus de 6000 ans.
* Archéologie, Terre, Histoire et Société
** Équipe « Identités, cultures et sociétés du Ve au Ier millénaire avant notre ère »

Il y a près de 4500 ans avant J-C, durant le Néolithique, des sociétés humaines ont construit d’imposants monuments pour leurs morts pouvant faire plus de 300 mètres de long. Ces monuments étaient regroupés en un cimetière appelé nécropole.

Entre 1982 et 1995, des fouilles archéologiques à Passy, dans l’Yonne (Bourgogne), ont permis de mettre au jour la plus importante nécropole de ce type. Seules traces de ce cimetière : des ossements humains, des objets archéologiques, des fossés et des trous faits dans la terre. Malgré de nombreux relevés et archives récoltées, les archéologues de l’époque ne sont pas parvenus à restituer l’architecture des monuments qui constituaient la nécropole de Passy. Trente années après sa découverte, c’est le travail de Lucile et de ses collègues de comprendre comment étaient disposés et construits ces monuments.

Pour cela, Lucile a repris tous les relevés des précédentes fouilles sur le site. Grâce à eux, elle peut étudier la manière dont les fossés ont été creusés, comblés puis dégradés et détruits au cours du temps. Elle observe aussi les différentes couches dans les fossés, leur configuration. Cette approche appelée approche stratigraphique lui permet d’en déduire des informations précieuses sur l’architecture de la nécropole. Le travail de Lucile est appuyé par un grand nombre de chercheurs travaillant en collaboration sur d’autres aspects de la nécropole de Passy. Ceux-ci lui fournissent des éléments nouveaux pour compléter ses résultats. Par l’intermédiaire de logiciels informatiques spéciaux, Lucile peut alors reconstituer le plus fidèlement possible l’architecture en trois dimensions des monuments funéraires.

 

Fiche publiée en 2012.

Objectifs
  • Analyser avec des méthodes nouvelles un site majeur et exemplaire de la Préhistoire française.
  • Documenter de manière précise l’apparition d’un phénomène de grande ampleur : la monumentalité dans les pratiques funéraires au Néolithique, c’est-à-dire le moment où les sociétés humaines ont construit des ouvrages impressionnants qui nécessitaient une organisation et un travail considérable.