« Le fondement de mon métier : celui qui trouve sans chercher est celui qui a longtemps cherché sans trouver ! »

Les chercheurs

Anaïs Plaquet

Université de Bourgogne
Psychologie

Filles et foot : comment se protègent-elles des stéréotypes ?

Anaïs PLAQUET est jeune chercheuse en Psychologie Sociale au laboratoire SPMS* de l’université Bourgogne Franche-Comté.

* Socio-Psychologie et Management du Sport

Les chercheurs de son équipe travaillent sur les relations entre les groupes de personnes. Par exemple les relations entre les garçons et les filles. Anaïs s’intéresse à une croyance selon laquelle les filles seraient moins douées que les garçons en football. Elle étudie comment les filles réagissent face à cette croyance, et quelles stratégies elles mettent en place pour se protéger de celle-ci.

Vous avez sans doute déjà entendu dire que les filles sont moins performantes que les garçons en foot. C’est un «stéréotype» : une croyance fausse où l’on généralise les caractéristiques d’un groupe de personnes. Des chercheurs ont montré que lorsqu’on rappelle cela aux filles avant de leur faire passer un test de foot, elles réussissent moins bien. Anaïs essaye de comprendre pourquoi.

Quand quelqu’un nous menace d’être mauvais dans un domaine, on essaye de se protéger. Une des stratégies de protection s’appelle l’auto-handicap, où l’on se désavantage soi-même. Par exemple, une fille peut choisir ne pas s’entraîner assez avant un test de foot. Ensuite, si elle rate le test, on pensera qu’elle a échoué à cause de son manque d’entraînement et non pas parce qu’elle est mauvaise. Au contraire, si elle réussit, ses compétences seront mises en avant.

Anaïs veut vérifier si les filles qui utilisent cette stratégie le font uniquement pour se protéger elles-mêmes ou aussi pour protéger l’ensemble des filles.

Pour cela, Anaïs rencontre des lycéennes pendant des cours de sport. Elle mesure d’abord ce que les filles pensent du groupe des filles. Puis, elle leur fait passer un test de foot en leur disant avant que les filles sont moins douées que les garçons. Elle leur laisse la possibilité de s’entraîner avant ce test. Elle observe que ces filles s’entraînent moins qu’un autre groupe de filles à qui elle n’a rien dit. Anaïs se demande par ailleurs si les filles qui choisissent de ne pas s’entraîner sont celles qui ont une mauvaise image d’elles-mêmes ou du groupe des filles.

 

Objectifs
  • Étudier les réactions des filles quand on leur rappelle le stéréotype selon lequel elles sont moins douées que les garçons en foot
  • Tester si les filles mettent en place des stratégies d’auto-handicap uniquement pour se protéger elles-mêmes ou aussi pour protéger le groupe des filles
  • Vérifier si l’utilisation de ces stratégies change en fonction de l’image que les filles ont de leur groupe